L’intelligence économique est un concept dont nombre d’entreprises ont déjà entendu parler sans toujours pouvoir mettre des mots et des actions derrière ce terme. Parfois, les idées reçues sont même la seule définition connue de l’intelligence économique, alors même que nombre d’entre elles sont fausses. Voici quelques éclairages.

Idée reçue n°1 : L’intelligence économique n’est que de l’espionnage !

Le couple « espionnage » et « intelligence économique » est un grand classique dès qu’une fuite d’information est avérée dans une entreprise française.

L’exemple de Renault, qui date un peu certes (2011) est très frappant. Qu’il s’agisse de L’Usine Nouvelle ou du journal Les Echos, l’association semble faire vendre. Impression largement renforcée par le choix des experts invités à commenter, qui sont en plus toujours étiquetés « experts en intelligence économique ».  Sans revenir sur le fond de l’affaire, très bien résumé par Frédéric Martinet (ou comment démystifier un scandale d’Etat), la pratique de l’Intelligence Economique consiste avant tout, pour les professionnels du métier, à mettre en place les moyens adaptés et légaux (oubliez les poubelles, les clés USB dérobées et le débauchage de salariés) pour collecter de l’information sur son marché, afin d’éclairer sa prise de décision. Attention, je ne dis pas que les pratiques mentionnées ci-dessus n’existent pas, je dis juste qu’elles restent minoritaires (et doivent être celles des services d’Etat). Les praticiens de l’Intelligence Economique ont bien d’autres cordes à leur arc pour regrouper de l’information utile pour les dirigeants.

Idée reçue n°2 : L’intelligence économique n’est utile que pour les grands groupes !

Revenons à la définition de l’intelligence économique : elle consiste, pour une entité, à maitriser l’information présente dans son environnement (marché, clients, concurrents…) afin de prendre les bonnes décisions pour se développer. Quelle PME ne souhaite pas se développer ? Quelle entreprise pense ne pas avoir besoin d’information sur son marché ? En effet, rares sont les projets menés par les acteurs économiques qui ne nécessitent pas d’avoir des données précises sur son environnement, sur les tendances et les innovations, sur le positionnement stratégique des concurrents, etc…. Quel dirigeant n’a jamais été face à un choix en se disant « si seulement, je savais…, alors je pourrais… ». La taille d’entreprise n’a donc pas d’importance, c’est la stratégie qui définit le besoin en intelligence économique.

Idée reçue n°3 : L’intelligence économique, cela coûte cher !

Naturellement face à un concept qu’on ne connait pas, la question du « combien coûte ce service ? » se pose rapidement. Et la seule réponse qui vaille est une réponse de normand : « Ça dépend ! ».

En effet, selon les besoins informationnels exprimés, les coûts peuvent être très différents. Vous voulez mettre en place de la veille concurrentielle et de la veille marché, grâce à un outil intégré qui collecte de l’information (éventuellement dans plusieurs langues), puis l’analyse automatiquement, avant de la diffuser à plus ou moins grande échelle. Si vous devez en plus réfléchir à l’installation de solutions de sécurité physique, informatique et juridique pour protéger les informations stratégiques que vous détenez, cela peut faire monter la facture. Pour autant, il y a déjà plein de bonnes pratiques à mettre en place pour démarrer sans engendrer un coût important :

  • Définir sa stratégie et la partager aux membres de l’équipe pouvant participer à la collecte d’informations et ainsi favoriser l’intelligence collective, la remontée d’information (compte rendu à la suite d’un salon, un RDV commercial), …
  • Définir ses besoins en informations pour mieux cibler ses recherches et éviter ainsi de se perdre dans la masse d’informations disponibles.
  • Profiter des moments en commun (réunion, face à face…) pour faciliter la remontée d’information.
  • Sensibiliser le personnel à la protection de l’information (changement des mots de passe, discrétion sur certaines données de l’entreprise…)

Et puis il existe des outils de veille, de captation d’information sur le web qui ne sont pas si excessifs. Il faut juste avoir défini ses attentes.  Et puis se poser le coût du manque d’information permet aussi de relativiser.

Idée reçue n°4 : L’intelligence économique c’est technique !

J’aurai pu écrire le même paragraphe que le précédent. Il y a en effet une part de bon de sens pour maîtriser les outils de collecte d’information, pour trouver certaines informations qui ne seraient pas disponibles immédiatement sur la page de vos concurrents. Mais l’intelligence économique, c’est avant tout un état d’esprit. La curiosité n’est pas si technique et si vos collaborateurs sont informés de votre stratégie, ils seront curieusement utiles.

Ensuite, pour revenir sur les outils, forcément si on parle de crawling, d’opérateurs booléens, de curation, d’agrégateurs de flux RSS, je vous perds rapidement. Mais si je vous dis qu’il faut juste une adresse mail pour être alertée sur l’apparition de nouvelles pages sur Google contenant un mot clé, si je vous dis qu’il faut juste une adresse mail pour s’abonner à une newsletter intéressante. Si je vous dis également que vous pouvez réunir les sites qui vous intéresse sur une seule plateforme et être ainsi informé des mises à jour. Est-ce finalement si technique ?

N’hésitez pas à consulter nos mini-audits pour faire un bilan de votre besoin en veille et en intelligence économique, ou à nous contacter.

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